[La drôle d’époque #4] Histoire de la folie

J’aurais aussi pu dire « Surveiller et punir » pour paraphraser ce cher Michel Foucault.
L’homme, il y a peu, a eu ce fantastique lapsus : au lieu de parler du système scolaire, il a parlé de système carcéral. Avant de se rendre compte de sa bévue. Nous avons bien ri. Passons.

Histoire de la folie ordinaire pas si ordinaire. Entre un quotidien chaotique, avec un nourrisson de pas encore quinze jours, Mlle Pompon trois-z’ans sous très peu, un allaitement bien douloureux à lancer (le phénotype roux, c’est pas juste des coups de soleil, c’est aussi être plus exposée aux crevasses, saignements et autres joyeusetés quand on allaite. Sachez-le. Dans la série des joyeusetés, on est aussi plus souvent touchées par l’endométriose, dixit une étude que je perdrai pas de temps à retrouver maintenant).

Ce soir, entre les pleurs de décharge et Pompon qui chante inlassablement « Bateaux, ciseaux, la rivière, la rivièèèèreuh », j’ai voulu faire un drive. Crash serveur : premièrement il a fallu plusieurs heures d’attente avec F5 régulièrement en passant devant le PC, guettant le moment où la page cesserait de m’informer de l’indisponibilité du service pour cause d’affluence. Et une fois les courses faites, ah non, il n’y a plus aucun créneau de disponible sur une semaine. Comme il était pas loin de minuit, j’ai voulu attendre, me disant que ca ouvrirait une nouvelle plage horaire. Une semaine, il faut prévoir mais c’est pas grave. Minuit deux, je veux revalider le panier, il y a bien un nouveau jour de dispo… déjà entièrement complet.
Je sais bien que c’est pas grave, mais honnêtement, en ce moment, nous avons vraiment d’autres chats à fouetter… le drive en fin de grossesse, en post-partum ou quand ton homme est parti bosser à 200km et ne rentre que le week-end et que tu bosses en horaires décalés, ca aide quand même très bien au quotidien, il faut le dire. Ca m’interpelle cette folie furieuse de validation de panier. Parce que des créneaux de dispos, il y en a un paquet. Si j’étais célibataire, ou même en dehors de la période post-natale, je ne sais pas si cela me viendrait tellement en tête de faire un drive : je suppose, me connaissant, que je laisserais ça aux personnes débordées / vulnérables. Mais peut-être est-ce déjà le cas ? De toute façon, on ne peut pas vérifier, alors tant pis.
Il paraît qu’il ne fallait pas faire de stock : mais se taper 20 km pour les courses, pour découvrir que les rayons sont vides, devoir y retourner deux jours après, etc. Mmmmh… J’avais déjà fait mes stocks : d’une parce que nous préférons éviter de brûler de l’essence, de deux parce qu’avec la naissance qui se profilait, on préférait éviter de devoir courir acheter ci ou mi. Coup de bol, ca s’est bien goupillé.

Autre folie ordinaire : les démarches administratives quand il faut expliquer que ton enfant est né chez toi. Et que oui, non, il n’y a pas de maternité dans ton village, merci tu le sais. Non, non ce n’est pas interdit par la loi. Devoir repasser x fois à la mairie parce qu’à chaque fois il y a eu une erreur. Au final, ca me fait plutôt marrer, je du genre à être soûlée de devoir sortir me confronter à des gens (oui, même en ce moment…) mais pas à brailler. Ca nous fera des anecdotes à lui raconter, à Mlle Chonchon.

Mlle Pompon a pris le pli de vouloir se prendre des bains de 22h30, de chanter dans son lit, de me courser à travers la maison avec le bonnet -ridicule, celui qui nous fait hurler de rire- de Chonchon, et de repasser derrière moi réarranger le plan de change de sa frangine. Je suppose qu’elle ne le juge pas conforme. Elle a toujours ce pli de se servir du lait de soja dans le frigo (qu’est-ce que ce sera quand elle sera ado…) sauf que maintenant, elle vient se caler dans son fauteuil et m’observe tirer du lait comme d’autres seraient au spectacle. Les seules grosses crises, c’est quand on doit expliquer que non, on ne peut pas sortir quand on veut, et surtout pas à 22h, avec sa malette pour « faire comme la sage-femme » et que non, tu n’auras pas les clés de la voiture de maman (et des fausses clés, Mlle les dédaigne : il ne faudrait pas la prendre pour une andouille non plus!)

Et Mlle Chonchon est plutôt facile (mais après un nouveau-né avec un petit poids, qu’il fallait réveiller toutes les 3h et stimuler pour le faire manger, n’importe quel bébé eutrophe est facile) nonobstant les pleurs trois heures d’affilés. C’est la loterie, un coup pendant la sieste, un coup le soir, parfois le matin… On soupçonne des hoquets et la mise en place pas si facile de la digestion. On croise les doigts pour que ca ne vire pas en RGO comme la grande, mais honnêtement, je ne pense pas qu’on y coupera. On fait de notre mieux, pour lui parler, pour l’apaiser, pour comprendre… on se la repasse quand l’un de nous deux en a marre. Allez, encore onze mois et demi, et tout deviendra plus facile. 😉

(Image : auteur.e inconnu.e)

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